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ChallengeAZ

K comme Kuhlmann (et autres fonds de la série J des AD de Loire-Atlantique)

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Au fur et à mesure de la rédaction des articles pour ce challenge, je me suis aperçue que je vous citais souvent des grandes séries issues des cadres de classement des services publics d’archives (départementales et communales). Je continue aujourd’hui avec la série J des Archives départementales.

On y conserve les fonds privés. On entend par fonds privés tous ceux qui ne sont pas publics (cf. la définition officielle de ces archives !). Plus précisément, on va trouver dans cette série les fonds d’entreprises, de syndicats, de personnalités, d’associations. Cette série est souvent peu utilisée par les chercheurs, mais elle regorge d’informations !

Je vais prendre comme exemple un fonds conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique.

L’entreprise Kuhlmann est une entreprise de chimie dont une des usines était située à Paimboeuf (sur les rives de la Loire, en Loire-Atlantique). C’est une entreprise née en 1825 dans le nord de la France. L’usine de Paimboeuf est implantée en 1919 pour fabriquer de l’acide sulfurique. Le lieu est stratégiquement situé près de l’estuaire de la Loire. Durant 80 ans, cette usine fait partie intégrante du paysage de la ville de Paimboeuf. Elle est fermée en 1996 et démantelée en 1998.

Que trouve-t-on dans ce type de fonds ? Cela dépend fortement ! En effet, aucune obligation légale de don ou de dépôt de ces fonds ne s’impose aux entreprises ou aux structures privées. Elles apportent donc ce qu’elles veulent. Parfois même les fonds sont « récupérés » suite à la fermeture de l’usine !

Pour revenir au contenu, il est potentiellement possible de retracer toute l’histoire de l’entreprise, depuis sa création à sa fermeture. Cela passe par la comptabilité, le fonctionnement, la production, la commercialisation (c’est ici qu’on va trouver les produits et la publicité).

Quand on a un ancêtre qui a travaillé dans l’une de ces entreprises, les fonds de la série J peuvent apporter des éléments nouveaux quant à la vie de l’individu. Donc, cela peut parfois valoir le coup d’y jeter un œil !

Ci-dessous, deux images publicitaires pour deux sociétés dont les fonds d’archives sont conservés aux Archives départementales de Loire-Atlantique : Saupiquet et LU (tirés du fonds des marques de fabrique numérisé et accessible en ligne).

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J comme Jeanne, ma mémé

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Une fois n’est pas coutume, je m’en vais faire un petit mot sur ma mémé Jeanne. C’est ma grand-mère paternelle, le roc de ma famille et de ma vie.

Et puis, un jour, elle est partie. C’était en 2018, j’étais enceinte de ma fille. Le cycle de la vie se perpétue !

J’avais déjà commencé ma généalogie, mais je n’avais jamais pris le temps d’en causer avec elle. Bien mal m’en a pris car elle avait déjà bossé la question !

Je m’en suis aperçue lors d’une rencontre avec son filleul, Moïse (qui est également son cousin). J’entendais beaucoup parler de lui quand j’étais petite, et, un jour j’ai découvert des correspondances de guerre de son père qui avaient été mises en ligne par les Archives départementales de Vendée dans le cadre de la Grande Collecte en 2014. Bingo ! C’était le moment d’aller le rencontrer.

Il m’a parlé du parcours de militaire de son père, mais aussi d’un arbre généalogique réalisé par une de nos cousines. Pour le construire, notre cousine a glané des informations auprès des « anciens » de notre famille, et parmi eux, ma mémé. Moïse me montre une série de lettre de Jeanne, dans lesquelles elle lui explique sa généalogie, son mariage, ses enfants, ses parents, ses grands-parents, ceux de son mari !

Le boulot était déjà donc fait en grande partie pour moi, et ce, grâce à ma mémé ! J’ai pris ça comme un joli clin d’œil de sa part… Comme une façon de me raconter sa vie, à sa façon…

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I comme Invisible (Micro Archives)

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Aujourd’hui, un coup de cœur pour une association, née en 2017 et qui s’appelle Micro Archives.

Je vous avoue que je n’en suis adhérente que depuis très peu de temps, mais l’objet de cette association me parle beaucoup. Il s’agit de s’attacher à la sauvegarde et à la conservation des archives personnelles et familiales des « gens ordinaires ».

Et pour ce faire, une petit réseau d’archivistes se met progressivement en place afin de collecter ces papiers, ces fonds, ces documents, afin d’avoir une trace des vies de ces personnes « invisibles », celles dont on ne penserait pas la vie intéressante, mais qui est malgré tout un témoignage de notre Histoire.

Voici le lien vers le site internet, si vous avez envie de voir l’action de cette association, et pourquoi pas mettre votre brique à ce beau projet ?

http://microarchives.org/

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H comme Série H des archives communales (Affaires militaires, réquisitions)

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La série H des archives communales regroupe les documents ayant trait aux affaires militaires, de façon générale. On va y trouver les recensements militaires (attention, pas le recrutement ! Pas de registres matricules ici !), les mesures d’exception (rationnement, circulation des denrées pendant les guerres, cartes d’alimentation, etc.). On va également trouver, parfois, des documents sur les réquisitions ayant eu lieu dans la commune.

C’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui. Aux archives de la ville de la Baule-Escoublac (Loire-Atlantique), la sous série 4H est consacrée aux dossiers des villas réquisitionnées par l’armée allemande. Les dossiers peuvent être constitués de différentes pièces comme des inventaires (au moment de l’installation des Allemands, et à leur départ), des correspondances, des états des lieux. Ces dossiers ont été constitués dans le but d’une indemnité dans le cadre des dommages de guerre. Ils s’étendent de 1943 à 1945 environ.

Dans le dossier de la villa Colette, on trouve ces documents administratifs. Je vous mets un extrait d’inventaire ci-dessous.

Grâce à ces inventaires, on peut avoir la composition totale du mobilier d’une villa à un instant précis.

Ci-dessus en 1943

Ci-dessus en 1944

En plus de ces inventaires, l’armée allemande notait chaque transfert de mobilier d’une villa à une autre :

Pour la villa Colette, on trouve également des courriers du propriétaire de la villa, le Docteur Jouveau-Dubreuil, dans lesquels on apprend que la villa appartient en réalité à sa fille mineure :

Par ces dossiers, il nous est donc possible de prolonger l’histoire d’une villa, et de ne pas se limiter à la consultation du permis de construire. Cela donne une autre dimension, plus « personnelle » aux documents d’archives et à ce qu’ils peuvent nous raconter.

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G comme Grimaudière (asile départemental)

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Dans l’article de samedi, je vous parlais de François, qui en fait, s’appelait Georges. Georges est mon arrière-grand-père. Il est revenu de la guerre de 14 vers 1919.

En consultant sa fiche matricule militaire, une information inattendue est apparue : son état au retour de la guerre « nécessite l’internement ». Bien entendu, je ne pouvais pas m’arrêter là.

En parallèle de cette recherche militaire, j’ai consulté, aux Archives départementales de Vendée, l’acte de naissance de mon grand-père paternel (pour compléter ma collection d’actes). Une autre surprise de taille m’attendait : mon grand-père avait été adopté comme Pupille de la Nation en 1922, ainsi que son frère et sa sœur ! J’ai continué mes recherches en consultant le jugement d’adoption et leurs fiches individuelles de Pupilles. C’est à ce moment que je trouve la première mention à l’asile de la Grimaudière, lieu d’internement de leur père.

J’ai ensuite effectué quelques recherches sur l’asile de la Grimaudière. Cet établissement a été créé par décision du Conseil général en 1845, suite à la loi du 30 juin 1838 qui oblige les départements à prendre soin de leurs aliénés. Les premiers malades sont accueillis le 1er janvier 1853. Les malades militaires y sont ensuite admis à partir des années 1920.

Les Archives départementales de Vendée conservent les archives de cet établissement. J’ai donc pu consulter le dossier de malade de Georges, ainsi qu’une série d’autres documents de fonctionnement de l’asile, comme les rapports journaliers établis par les gardiens.

Couverture du dossier individuel de malade de Georges

Grâce à ces documents, j’ai pu suivre Georges tout au long de son séjour à la Grimaudière, entre 1930 et 1932. Une lettre de mon arrière-grand-mère paternelle, Lydie, explique la maladie de son marie par « une peur, un réveil de guerre qui en est la cause ». Elle avait déjà fait le lien.

Extrait de lettre de Lydie mentionnant la maladie de Georges, 1932

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F comme François, qui en fait s’appelait Georges

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Il nous est tous et toutes arrivé de rechercher un ancêtre dont on pense connaitre le nom. Et de ne jamais le trouver ! Et de nous rendre finalement compte que son état civil est différent de son nom usuel !

C’est un cas classique de la généalogie !

De mon côté, il s’agit de mon arrière-grand-père paternel. Chaque fois que ma mémé ou mon papa m’en parlaient, ils parlaient de « Pépé François, celui qui a fait la guerre ». Donc quand j’ai démarré ma généalogie, j’ai bien entendu cherché François. Sauf que mes recherches m’ont progressivement amené vers un Georges !

J’en ai bien entendu causé à mon papa… qui ignorait que son grand-père s’appelait en réalité Georges. J’aurais pu chercher longtemps !

Mais pourquoi donc Georges se faisait-il appeler François ? Alors que son propre père s’appelait lui-même François. A vrai dire, je n’ai pas d’idée sur la question. Son acte de naissance et sa fiche matricule donnent bien François en premier prénom, mais sur le recensement de 1891, il est indiqué comme « François ».

Extrait de la fiche matricule de Georges

Extrait de l’acte de naissance de Georges

Extrait du recensement de population de 1891

Existe-t-il un usage quant au port des prénoms ?

En attendant, Georges s’appelle bien Georges, et non François ! Ouf !

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E comme E dépôt

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La sous série E Dépôt des Archives départementales regroupe les fonds d’archives déposés par les communes.

Le Code du Patrimoine donne obligation aux communes de moins de 2000 habitants de déposer une partie de leurs archives aux Archives départementales (les documents de plus de 100 ans, le cadastre qui n’est plus en usage depuis plus de 30 ans et l’état civil de plus de 150 ans). Toutefois, selon les départements, cette obligation est plus ou moins suivie.

Cela n’empêche pas, quand on fait des recherches sur une commune d’un de nos ancêtres, de fouiner dans cette sous série des Archives départementales.

Qu’est-ce qu’on peut y trouver ? En premier lieu, les délibérations du Conseil municipal, les arrêtés du Maire et l’état civil (registres paroissiaux).

Mais il est aussi possible de trouver d’autres documents : les recensements de population, les listes électorales, les listes de recensement militaire, des documents relatifs aux bâtiments de la commune par exemple.

Certaines communes ont déposé une grande partie de leurs archives modernes (celles qui se situent entre la Révolution et le milieu du XXe siècle, voir 1988 pour certaines communes).

Donc, si vos recherches en commune ne donnent rien, tentez votre chance aux Archives départementales, peut-être y trouverez-vous votre bonheur !

Copie d’écran de la page d’accueil des inventaires de la sous série E Dépôt des AD de Vendée

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D comme Délibération

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Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, les recherches généalogiques ne se cantonnent pas à remonter simplement des noms. J’aime regarder ce qu’il peut y avoir autour de ces noms, de ces personnes. Chercher des indices sur leurs vies, leurs lieux de vie, leur environnement.

Pour faire cela, on utilise d’abord les recensements de population, qui sont une mine d’informations extraordinaire pour retrouver des fratries (et même découvrir des nouveaux membres de la famille, parfois).

On peut aussi utiliser les bulletins paroissiaux et municipaux, ça permet de voir ce qui pouvait se passer sur le territoire au moment où nos ancêtres y vivaient.

Ce que j’aime aussi utiliser, ce sont les délibérations des Conseils municipaux de la commune étudiée. En effet, recontextualiser me parait important, nécessaire même (peut-être une caractéristique d’archiviste ?).

En attentant, voilà quelques jours, j’ai découvert, dans les délibérations de ma petite commune d’origine, Le Boupère (dont je vous ai parlé dans un post précédent), qu’un moulin à eau existait dans le village où j’ai grandi. Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant, en continuant de creuser, je l’ai également trouvé dans les recensements (encore eux). Ce moulin m’avait échappé à la première consultation !

Et cerise sur le gâteau, les habitants de ce moulin portent le même nom de famille que certains de mes ancêtres ! Il s’agit maintenant de vérifier tout cela…

Voilà donc une nouvelle piste à suivre !

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C comme Cartes postales

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Je vous l’accorde, c’est classique. Mais je voulais ici vous faire découvrir un site internet qui me sert beaucoup dans mon travail, et qui s’appelle www.labaulesepia.fr

Une passionnée de cartes postales a réuni (et continue de réunir) les cartes postales relatives à La Baule. C’est un travail titanesque, et très très utile à nous autres, archivistes ! J’ai régulièrement des demandes de recherches sur des villas bauloises, et un de mes premiers réflexes est d’aller voir à quoi elle peuvent ressembler grâce à ce site.

Bien entendu, on n’est pas du tout obligé d’être passionné de la Baule pour y jeter un œil, mais je vous invite à vous balader dans le temps à travers ces images (en attendant d’aller les voir en vrai !)

Alors, bon voyage à vous !

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B comme Boupère

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Le Boupère est une toute petite commune de Vendée, dans le bocage (au nord-est du département), et c’est là que j’ai grandi.

Et c’est également là qu’a vécu une très grande partie de mes ancêtres paternels, jusqu’à la 5e génération. Ma branche paternelle était cultivatrice dans divers villages de cette commune. Ce rapport à la terre a toujours été très présent dans ma famille, à travers ma mémé, qui disait : « Au moins, on ne mourra pas de faim ! » Elle était très fière de ses terres et de ce qui en était fait : les céréales, l’élevage, les vignes, le bois. Les bases de la vie à la campagne.

Sans parler de la beauté des lieux… Vallonnée, bocagère, avec des haies et des chemins creux, de ceux qui sentent l’humus à cette époque-là de l’année et qui se couvrent de feuilles glissantes, la campagne d’ici est pleine d’animaux, de couleurs, d’odeurs, de bruits, qui en font un endroit dont je ne lasserai jamais…