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Q comme Quiproquo

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La presse ancienne regorge de brèves et autres articles relatant les faits divers, petits évènements qui se sont déroulés dans les régions. Ces récits sont une plongée immersive dans le quotidien des campagnes et des petits bourgs.

On trouve également des récits d’audiences, des publicités, des résultats de courses hippiques, des informations générales du quotidien. La lecture de tout cela fait souvent sourire, non pas de la situation, mais de la façon dont c’est écrit.

J’ai sélectionné un petit quiproquo, survenu à Paimboeuf (Loire-Atlantique) en décembre 1911. Bonne lecture !

Echo de Paimboeuf, 19 décembre 1911

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P comme Prisonnier de guerre

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J’ai commencé à m’intéresser aux prisonniers de guerre avec un de mes arrière-grands-pères, Germain. Lors de mes recherches généalogique, j’ai consulté sa fiche matricule militaire, et j’ai pu constater qu’il avait été fait prisonnier pendant la première guerre mondiale. J’ai tiré ce fil pour en savoir un peu plus : j’ai pu trouver un peu de documentation sur le camp où il a été interné. Par contre, pour l’instant, rien de très précis.

Extrait de la fiche matricule de Germain, fait prisonnier en octobre 1914.

Les archives concernant les prisonniers de guerre (notamment les dossiers individuels) sont conservées au Service historique de la Défense, qui est le service d’archives de l’Armée. Il est toutefois possible de faire des recherches au niveau des départements. En Loire-Atlantique, la sous-série 10 R est consacrée aux organismes de temps de guerre. Plus précisément, on trouvera beaucoup d’informations dans les sous-séries 10 R 3 et 10 R 4 : colis envoyés aux prisonniers, fiches individuelles, fonctionnement des aides à l’arrière, etc. Par ailleurs, et pour compléter, le fonds des brancardiers de la Croix-Rouge (281 J) est également à consulter pour avoir des renseignements sur les blessés de guerre arrivés à Nantes. Les brancardiers effectuaient également des recherches sur les soldats disparus, en relation avec la Croix-Rouge internationale. Dans le fonds, on trouve d’ailleurs un fichier des soldats recherchés, regroupant beaucoup d’informations sur ces soldats (prisonniers ou non).

Je vous mets les liens vers les inventaires, et notamment vers leurs introductions, afin d’en savoir un peu plus sur ces organismes et associations qui ont œuvré durant tout le conflit pour venir en aide aux familles, et aux soldats prisonniers de guerre.

Brancardiers de la Croix-Rouge

Commission départementale de centralisation des secours aux blessés militaires, combattants et prisonniers (10 R 3)

Fédération des œuvres de secours aux soldats de la Loire-Inférieure prisonniers en Allemagne

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O comme Occasion

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Depuis presqu’un an maintenant, nous sommes un petit groupe de passionnés de généalogie et de récits de vie qui réalisons des vidéos en lien avec ces deux thématiques. Le groupe se compose de deux biographes, d’un généalogiste, d’une graphiste et de moi-même.

Dernièrement, une des vidéos avait pour thématique : « Quelles sont les occasions de se raconter ? » (lien : https://www.youtube.com/watch?v=sEHxkv8TM3k). Cécile et Adeline évoquent plusieurs moments pour raconter notre vie, et coucher ce récit sur papier.

Cette thématique m’a beaucoup fait réfléchir et ces réflexions m’ont menée jusqu’à ma mémé Jeanne (encore elle). Elle ne manquait jamais une occasion de s’amuser, de faire plaisir, d’offrir un cadeau ou un café, de papoter. Et ce, avec des gens qu’elle connaissait bien, ou moins bien. Mais en tout cas, sa porte était toujours ouverte, d’ailleurs les gens entraient chez elle comme dans un moulin, certains qu’elle ne les ficherait pas à la porte. Je trouve qu’un tel sens de l’accueil est admirable. Je ne sais pas si je réussirai un jour à avoir le même, de façon tout à fait spontanée.

En attendant, les occasions sont nombreuses pour transmettre ! Et de mon côté, comme j’ai loupé l’occasion avec ma mémé de causer de notre histoire commune, je commence déjà à la raconter à ma fille.

Il n’est jamais trop tôt, mais il peut être trop tard !

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N comme Noir animal (chimie et industrie à Nantes)

#ChallengeAZ

Un des grands avantages de mon métier d’archiviste est que j’ai accès à des fonds d’archives plus divers les uns que les autres. Lorsqu’on m’a confié le fonds d’archives d‘Ange Guépin à classer, je n’avais aucune idée de qui il était.

Dans ces cas-là, des recherches historiques sont essentielles pour comprendre le sujet du fonds (personnage local, entreprise, structure associative, etc.). Quand on travaille en service d’archives, on a également la chance d’avoir à portée de main une documentation fournie et riche.

Ange Guépin est un homme politique nantais né au début du XIXe siècle. Il étudie la médecine et se spécialise en ophtalmologie. C’est pour cette qualité que les Nantais le connaissent le mieux. Mais Ange Guépin a eu plusieurs vies : homme politique, donc (conseiller municipal de Nantes (1846) et conseiller général de Loire-Inférieure (1845 et 1864), Commissaire du gouvernement provisoire pendant la deuxième République et préfet en 1870), homme de la presse (il écrit dans divers journaux, comme Le Globe), professeur de chimie (il dispense gratuitement ses cours en ville et à la faculté de médecine) et médecin (il ouvre, en 1830, un cabinet d’ophtalmologie à Nantes, notamment à destination des ouvriers victimes d’accidents du travail), industriel.

Ange Guépin est très tôt intéressé par la chimie industrielle, et notamment son utilisation dans le domaine agricole. Il se penche plus particulièrement sur la fabrication d’un engrais, le noir animal, engrais naturel obtenu par la carbonisation d’os d’animaux dégraissés. Il met au point une technique de production de noir animal factice (mélangé à de la tourbe), d’une meilleure qualité que celui qu’on pouvait trouver alors. Il installe alors une usine de production à Chantenay (sur les bords de Loire à Nantes), et à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Mais progressivement, les commandes ne sont plus honorées, les clients se plaignent de la mauvaise qualité de la marchandise et les riverains se plaignent des odeurs émanant de l’usine de Chantenay. La société ferme en 1839.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur Ange Guépin, voici le lien vers l’introduction du fonds d’archives : https://inventaires-archives.loire-atlantique.fr/ead.html?id=FRAD044_19J&c=FRAD044_19J_e0000019&qid=

Le noir animal me permet d’illustrer l’étendue des sujets que nous pouvons être amenés à aborder en tant qu’archivistes. En effet, la diversité des fonds nous oblige à nous intéresser à des thèmes insoupçonnés. Grâce à Ange Guépin et son fonds d’archives, je sais aujourd’hui ce qu’est le noir animal !

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9801004q?rk=21459;2

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M comme Maison (et recherches foncières)

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Pour ce nouvel articles, je voulais vous partager une recherche que je suis en train de mener pour découvrir la date (ou au moins la période) de construction de la maison d’un couple d’amis.

Leur maison est d’une architecture ancienne, dans le périmètre direct d’un château médiéval. Quand ils m’ont demandé de mener cette recherche, j’ai commencé par regarder leur maison. Mes connaissance en archéologie médiévales étant limitées, j’ai demandé à une connaissance archéologue de m’en dire un peu plus. J’attends…

En parallèle, j’ai commencé à chercher et la première étape dans ces cas-là, c’est le cadastre napoléonien, pour voir si la maison était déjà présente au début du XIXe siècle. Et je l’ai trouvée (à vrai dire, je n’avais pas beaucoup de doutes…).

J’ai relevé le numéro de parcelle, je l’ai ensuite recherché dans l’état de section (qui est une liste des propriétaires fonciers à un instant T), et j’ai pu remonter tous les propriétaires jusqu’à aujourd’hui. Par chance, la recherche dans ce sens-là n’a pas rencontré de surprise, et s’est donc faite avec facilité.

La prochain étape va être la recherche de l’antériorité de propriété (car c’est bien le but de la demande…) et là, ça va se corser ! Je vais fouiller dans les actes notariés, et si rien n’en ressort, je vais creuser les sources fiscales !

J’ai encore beaucoup de travail sur la recherche de cette maison, c’est passionnant ! Je vous tiendrai au courant de la suite de mes pérégrinations sur ce dossier !

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L comme Lieu-dit

#ChallengeAZ

Comme vous avez pu le remarquer depuis le début de ces publications, je suis attachée aux alentours de la généalogie, notamment à travers les lieux que mes ancêtres (ou ceux des autres, d’ailleurs) ont pu traverser, habiter, connaitre.

Pour connaitre ces lieux, on peut s’y déplacer. C’est une excellente méthode ! On peut les chercher sur une carte (routière, IGN, cadastrale).

Et on peut également faire quelques recherches sur eux directement, via par exemple, les dictionnaires des lieux-dits. Ces dictionnaires ont été très populaires au XIXe siècle, ce sont souvent des érudits locaux qui les ont rédigés. On trouve notamment le Dictionnaire historique et biographique de Maine-et-Loire, par Célestin Port, ou le Dictionnaire topographique du département de la Loire-Inférieure comprenant les noms de lieu anciens et modernes, par H. Quilgars.

Pour la Vendée, ce dictionnaire existe en ligne, voici le lien pour y accéder : http://www.toponymes-archives.vendee.fr/

Vous y trouverez bon nombre d’informations concernant beaucoup de communes, lieux-dits minuscules de Vendée. Une vraie mine d’or !

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K comme Kuhlmann (et autres fonds de la série J des AD de Loire-Atlantique)

#ChallengeAZ

Au fur et à mesure de la rédaction des articles pour ce challenge, je me suis aperçue que je vous citais souvent des grandes séries issues des cadres de classement des services publics d’archives (départementales et communales). Je continue aujourd’hui avec la série J des Archives départementales.

On y conserve les fonds privés. On entend par fonds privés tous ceux qui ne sont pas publics (cf. la définition officielle de ces archives !). Plus précisément, on va trouver dans cette série les fonds d’entreprises, de syndicats, de personnalités, d’associations. Cette série est souvent peu utilisée par les chercheurs, mais elle regorge d’informations !

Je vais prendre comme exemple un fonds conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique.

L’entreprise Kuhlmann est une entreprise de chimie dont une des usines était située à Paimboeuf (sur les rives de la Loire, en Loire-Atlantique). C’est une entreprise née en 1825 dans le nord de la France. L’usine de Paimboeuf est implantée en 1919 pour fabriquer de l’acide sulfurique. Le lieu est stratégiquement situé près de l’estuaire de la Loire. Durant 80 ans, cette usine fait partie intégrante du paysage de la ville de Paimboeuf. Elle est fermée en 1996 et démantelée en 1998.

Que trouve-t-on dans ce type de fonds ? Cela dépend fortement ! En effet, aucune obligation légale de don ou de dépôt de ces fonds ne s’impose aux entreprises ou aux structures privées. Elles apportent donc ce qu’elles veulent. Parfois même les fonds sont « récupérés » suite à la fermeture de l’usine !

Pour revenir au contenu, il est potentiellement possible de retracer toute l’histoire de l’entreprise, depuis sa création à sa fermeture. Cela passe par la comptabilité, le fonctionnement, la production, la commercialisation (c’est ici qu’on va trouver les produits et la publicité).

Quand on a un ancêtre qui a travaillé dans l’une de ces entreprises, les fonds de la série J peuvent apporter des éléments nouveaux quant à la vie de l’individu. Donc, cela peut parfois valoir le coup d’y jeter un œil !

Ci-dessous, deux images publicitaires pour deux sociétés dont les fonds d’archives sont conservés aux Archives départementales de Loire-Atlantique : Saupiquet et LU (tirés du fonds des marques de fabrique numérisé et accessible en ligne).

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J comme Jeanne, ma mémé

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Une fois n’est pas coutume, je m’en vais faire un petit mot sur ma mémé Jeanne. C’est ma grand-mère paternelle, le roc de ma famille et de ma vie.

Et puis, un jour, elle est partie. C’était en 2018, j’étais enceinte de ma fille. Le cycle de la vie se perpétue !

J’avais déjà commencé ma généalogie, mais je n’avais jamais pris le temps d’en causer avec elle. Bien mal m’en a pris car elle avait déjà bossé la question !

Je m’en suis aperçue lors d’une rencontre avec son filleul, Moïse (qui est également son cousin). J’entendais beaucoup parler de lui quand j’étais petite, et, un jour j’ai découvert des correspondances de guerre de son père qui avaient été mises en ligne par les Archives départementales de Vendée dans le cadre de la Grande Collecte en 2014. Bingo ! C’était le moment d’aller le rencontrer.

Il m’a parlé du parcours de militaire de son père, mais aussi d’un arbre généalogique réalisé par une de nos cousines. Pour le construire, notre cousine a glané des informations auprès des « anciens » de notre famille, et parmi eux, ma mémé. Moïse me montre une série de lettre de Jeanne, dans lesquelles elle lui explique sa généalogie, son mariage, ses enfants, ses parents, ses grands-parents, ceux de son mari !

Le boulot était déjà donc fait en grande partie pour moi, et ce, grâce à ma mémé ! J’ai pris ça comme un joli clin d’œil de sa part… Comme une façon de me raconter sa vie, à sa façon…

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I comme Invisible (Micro Archives)

#ChallengeAZ

Aujourd’hui, un coup de cœur pour une association, née en 2017 et qui s’appelle Micro Archives.

Je vous avoue que je n’en suis adhérente que depuis très peu de temps, mais l’objet de cette association me parle beaucoup. Il s’agit de s’attacher à la sauvegarde et à la conservation des archives personnelles et familiales des « gens ordinaires ».

Et pour ce faire, une petit réseau d’archivistes se met progressivement en place afin de collecter ces papiers, ces fonds, ces documents, afin d’avoir une trace des vies de ces personnes « invisibles », celles dont on ne penserait pas la vie intéressante, mais qui est malgré tout un témoignage de notre Histoire.

Voici le lien vers le site internet, si vous avez envie de voir l’action de cette association, et pourquoi pas mettre votre brique à ce beau projet ?

http://microarchives.org/

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H comme Série H des archives communales (Affaires militaires, réquisitions)

#ChallengeAZ

La série H des archives communales regroupe les documents ayant trait aux affaires militaires, de façon générale. On va y trouver les recensements militaires (attention, pas le recrutement ! Pas de registres matricules ici !), les mesures d’exception (rationnement, circulation des denrées pendant les guerres, cartes d’alimentation, etc.). On va également trouver, parfois, des documents sur les réquisitions ayant eu lieu dans la commune.

C’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui. Aux archives de la ville de la Baule-Escoublac (Loire-Atlantique), la sous série 4H est consacrée aux dossiers des villas réquisitionnées par l’armée allemande. Les dossiers peuvent être constitués de différentes pièces comme des inventaires (au moment de l’installation des Allemands, et à leur départ), des correspondances, des états des lieux. Ces dossiers ont été constitués dans le but d’une indemnité dans le cadre des dommages de guerre. Ils s’étendent de 1943 à 1945 environ.

Dans le dossier de la villa Colette, on trouve ces documents administratifs. Je vous mets un extrait d’inventaire ci-dessous.

Grâce à ces inventaires, on peut avoir la composition totale du mobilier d’une villa à un instant précis.

Ci-dessus en 1943

Ci-dessus en 1944

En plus de ces inventaires, l’armée allemande notait chaque transfert de mobilier d’une villa à une autre :

Pour la villa Colette, on trouve également des courriers du propriétaire de la villa, le Docteur Jouveau-Dubreuil, dans lesquels on apprend que la villa appartient en réalité à sa fille mineure :

Par ces dossiers, il nous est donc possible de prolonger l’histoire d’une villa, et de ne pas se limiter à la consultation du permis de construire. Cela donne une autre dimension, plus « personnelle » aux documents d’archives et à ce qu’ils peuvent nous raconter.