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W comme Série W (archives contemporaine)

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La série W des Archives départementales regroupe les fonds (versements) contemporains, c’est-à-dire les fonds postérieurs à 1940. Cette série est continue : les versements se voient attribuer un numéro à leur arrivée dans le dépôt, sans que leur thématique ne soit prise en compte. Si bien qu’on peut trouver un versement de la Préfecture à la suite d’un versement du service des Ressources humaines du Conseil départemental.

Cette série a été créée dans un souci de gestion de l’espace dans les dépôts. Il était devenu trop compliqué de provisionner de la place à la suite de chaque série thématique.

Toutefois, pour le chercheur, cette série peut parfois paraitre inaccessible. Les archivistes mettent alors en place des instruments de recherche en ligne pour pouvoir fouiller dans ces fonds (recherche par mot-clé, par cadre de classement, notamment). Car il serait dommage de passer à côté de la série W dans vos recherches, le XXe siècle est tout aussi intéressant que les autres siècles à étudier !

Exemple de résultats avec une recherche en plein texte sur « Tréfimétaux »

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V comme Voilà voilà…

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Voilà voilà…

Je sèche ! Je n’arrive pas à trouver d’idée pour la lettre V ! Je me doutais bien que cela allait arriver, surtout en fin de challenge.

Je n’ai pas d’ancêtre dont le prénom commence par V, pas de lieu de vie non plus. A part Vendée ! Mais oui, mais c’est bien sûr !

La Vendée ! Tous les ancêtres (ou presque) viennent de là. Ils n’ont pas beaucoup bougé (de quelques kilomètres seulement pour les plus hardis). Je me demande si c’est pareil pour la plupart des généalogistes. Est-ce que vos ancêtres ont bougé ? Pas du tout ? Un peu ? Certains ?

Aujourd’hui encore, ma famille vit principalement en Vendée, en tout cas pour la génération précédente. Nous sommes quelques-uns de cette génération à s’être « exilés ». Mais en ce qui me concerne, je suis toujours ravie de rentrer !

Et vous ? Quel rapport entretenez-vous avec le lieu où vous êtes nés ?

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U comme Série U (archives des Tribunaux)

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Lors de mon passage aux Archives départementales de Loire-Atlantique, j’ai pu participer au classement des archives des tribunaux (série U).

Il s’agit de reclasser tous les fonds relatifs à la justice, soit des centaines de mètres linéaires. Un travail commencé il y a environ 10 ans, et qui sera bientôt achevé.

Comment ces fonds peuvent vous aider dans votre généalogie ? Les fonds de justice constituent une source assez peu connue des chercheurs, et pourtant elle peut vous donner des indices et des informations sur l’un de vos ancêtres, et combler un trou que vous pourriez avoir dans sa biographie. De plus, pour ceux et celles d’entre vous qui font des recherches sur des lieux, ils vont vous donner une photographie de la vie d’une commune pendant une période. Vous allez pouvoir apprendre qu’un commerce y était présent, ou une taverne, en consultant les archives des Tribunaux de commerce. Vous allez donc pouvoir préciser les informations que vous avez sur un lieu, une commune.

En Loire-Atlantique, un travail de saisie des affaires et d’indexation est en cours. Cela permettra au chercheur de retrouver, parmi les jugements des tribunaux correctionnels, une affaire par le nom des prévenus, par la nature du délit ou par la date. Un énorme travail qui pourra également servir en termes statistiques, pour une histoire sociale du département à travers le prisme de la justice.

Je vous mets le lien vers les inventaires déjà en ligne, afin de vous donner une idée de tout ce que vous pouvez y trouver. Les départements travaillent ou ont travaillé sur ces fonds, donc n’hésitez pas à les interroger pour faciliter vos recherches !

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T comme Tréfimétaux (ou la mise en valeur d’un fonds d’archives)

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Tréfimétaux est une entreprise de sidérurgie dont une des usines a été construite à Couëron (sur les bords de Loire, à l’ouest de Nantes) à la fin du XIXe siècle. La production initiale était le plomb (notamment les plombs de chasse). Puis, elle se diversifie (cuivre, alliages) afin de rester compétitive. Mais progressivement, la production décline, jusqu’à la fermeture de l’usine en 1988.

Suite à cette fermeture, une association d’anciens ouvriers de l’usine s’est constituée afin de garder la mémoire ouvrière vivante et de la transmettre. En 2018, l’association a fait don de son fonds d’archives à la ville de Couëron. Ce don s’est fait dans la volonté de le mettre en valeur, et à travers lui, de travailler sur toute l’histoire de l’usine.

Suite au classement du fonds, un inventaire a été établi. La volonté de le présenter lors des Journées Européennes du Patrimoine, à travers une exposition notamment, était présente depuis le don du fonds. Un gros travail d’exploitation a alors commencé.

Des rencontres avec les anciens ouvriers de l’usine nous a permis de comprendre le fonctionnement de l’usine, la vie à l’intérieur, la vie à l’extérieur, la dureté du métier, les conditions de travail, les grèves. Très vite, nous avons remarqué que de leurs témoignages ressortaient les ressentis, les sens : la chaleur, le bruit, les repas, les couleurs du métal en fusion, les odeurs de l’usine, mais aussi la notion du temps. Nous avions nos thématiques de travail !

Une exposition a abouti, de laquelle nous sommes très fiers (je l’avoue), parce qu’en plus d’être belle, elle est complète, érudite, accessible. Pour la construire, nous nous sommes entourés d’un graphiste et d’un ébéniste. Lors des Journées du Patrimoine, les anciens ouvriers de Tréfimétaux étaient présents pour raconter « en vrai » leur vie à l’usine. Par la suite, l’exposition s’est délocalisée dans un lycée et dans un musée nantais. Ce fut une très belle expérience de mise en valeur d’un fonds d’archives.

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S comme Stany-Gauthier (conservateur du Château des Ducs à Nantes)

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Joseph Stany-Gauthier est le premier conservateur du Musée du Château des Ducs de Bretagne à Nantes (XXe siècle). Au cours de sa vie, il a sillonné les routes et les chemins de la Loire-Atlantique et pris des notes (très nombreuses) sur chaque commune du département. Ses notes sont transcrites sous forme de fiches sur lesquelles il dessine les monuments, écrit des anecdotes. Il a également compilé des coupures de presse, des cartes postales, des photographies.

Tous ces documents sont conservés aux Archives départementales de Loire-Atlantique sous la cote 284 J. Lors de mon passage dans ce service, j’ai eu la chance de reclasser ce fonds. Nous avons procédé par commune. D’autres documents sont relatifs à la Loire-Atlantique dans son ensemble, nous avons ici préféré le classement thématique.

Le fonds Stany-Gauthier est une source infinie pour la recherche sur les communes. Beaucoup de détails y sont consignés, permettant d’avoir une vision du département à une période précise.

Voici le lien pour y accéder : 284 J

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R comme Relégué (bagne)

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Le statut de relégué a été instauré par la loi du 27 mai 1885. Il entraîne « l’internement perpétuel sur le territoire des colonies ou possessions françaises ». Cela signifie que, même après leur peine, les condamnés récidivistes ne peuvent pas revenir en métropole.

Je ne connaissais pas ce statut avant qu’un ami me demande de faire des recherches sur le cousin de son grand-père. Dans sa famille, beaucoup de « on-dit » circulaient sur cet homme, et mon ami m’a demandé de mettre les choses au clair en faisant des recherches sur lui. On avait déjà pas mal de matière, il avait fait des recherches dans la presse ancienne, où il avait découvert les « exploits » de cet aïeul : vol, escroquerie, abus de confiance.

J’ai pu confirmer ces délits par les jugements des tribunaux de Saint-Nazaire et de Nantes. J’ai également cherché sa fiche matricule (il avait été condamné pour insubordination).

Les multiples récidives ont conduit cet ancêtre à être condamné au bagne. Je me suis alors tournée vers les Archives de l’Outre-Mer, à Aix-en-Provence. Et nous avons trouvé son dossier individuel de bagnard ! Tout son parcours (depuis son embarquement en 1938) y était relaté (notamment deux tentatives d’évasion). Il est mort là-bas, en 1942.

Je vous raconterai l’histoire de cet homme plus précisément dans de prochains billets, car il vaut bien un petit feuilleton !

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Q comme Quiproquo

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La presse ancienne regorge de brèves et autres articles relatant les faits divers, petits évènements qui se sont déroulés dans les régions. Ces récits sont une plongée immersive dans le quotidien des campagnes et des petits bourgs.

On trouve également des récits d’audiences, des publicités, des résultats de courses hippiques, des informations générales du quotidien. La lecture de tout cela fait souvent sourire, non pas de la situation, mais de la façon dont c’est écrit.

J’ai sélectionné un petit quiproquo, survenu à Paimboeuf (Loire-Atlantique) en décembre 1911. Bonne lecture !

Echo de Paimboeuf, 19 décembre 1911

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P comme Prisonnier de guerre

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J’ai commencé à m’intéresser aux prisonniers de guerre avec un de mes arrière-grands-pères, Germain. Lors de mes recherches généalogique, j’ai consulté sa fiche matricule militaire, et j’ai pu constater qu’il avait été fait prisonnier pendant la première guerre mondiale. J’ai tiré ce fil pour en savoir un peu plus : j’ai pu trouver un peu de documentation sur le camp où il a été interné. Par contre, pour l’instant, rien de très précis.

Extrait de la fiche matricule de Germain, fait prisonnier en octobre 1914.

Les archives concernant les prisonniers de guerre (notamment les dossiers individuels) sont conservées au Service historique de la Défense, qui est le service d’archives de l’Armée. Il est toutefois possible de faire des recherches au niveau des départements. En Loire-Atlantique, la sous-série 10 R est consacrée aux organismes de temps de guerre. Plus précisément, on trouvera beaucoup d’informations dans les sous-séries 10 R 3 et 10 R 4 : colis envoyés aux prisonniers, fiches individuelles, fonctionnement des aides à l’arrière, etc. Par ailleurs, et pour compléter, le fonds des brancardiers de la Croix-Rouge (281 J) est également à consulter pour avoir des renseignements sur les blessés de guerre arrivés à Nantes. Les brancardiers effectuaient également des recherches sur les soldats disparus, en relation avec la Croix-Rouge internationale. Dans le fonds, on trouve d’ailleurs un fichier des soldats recherchés, regroupant beaucoup d’informations sur ces soldats (prisonniers ou non).

Je vous mets les liens vers les inventaires, et notamment vers leurs introductions, afin d’en savoir un peu plus sur ces organismes et associations qui ont œuvré durant tout le conflit pour venir en aide aux familles, et aux soldats prisonniers de guerre.

Brancardiers de la Croix-Rouge

Commission départementale de centralisation des secours aux blessés militaires, combattants et prisonniers (10 R 3)

Fédération des œuvres de secours aux soldats de la Loire-Inférieure prisonniers en Allemagne

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O comme Occasion

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Depuis presqu’un an maintenant, nous sommes un petit groupe de passionnés de généalogie et de récits de vie qui réalisons des vidéos en lien avec ces deux thématiques. Le groupe se compose de deux biographes, d’un généalogiste, d’une graphiste et de moi-même.

Dernièrement, une des vidéos avait pour thématique : « Quelles sont les occasions de se raconter ? » (lien : https://www.youtube.com/watch?v=sEHxkv8TM3k). Cécile et Adeline évoquent plusieurs moments pour raconter notre vie, et coucher ce récit sur papier.

Cette thématique m’a beaucoup fait réfléchir et ces réflexions m’ont menée jusqu’à ma mémé Jeanne (encore elle). Elle ne manquait jamais une occasion de s’amuser, de faire plaisir, d’offrir un cadeau ou un café, de papoter. Et ce, avec des gens qu’elle connaissait bien, ou moins bien. Mais en tout cas, sa porte était toujours ouverte, d’ailleurs les gens entraient chez elle comme dans un moulin, certains qu’elle ne les ficherait pas à la porte. Je trouve qu’un tel sens de l’accueil est admirable. Je ne sais pas si je réussirai un jour à avoir le même, de façon tout à fait spontanée.

En attendant, les occasions sont nombreuses pour transmettre ! Et de mon côté, comme j’ai loupé l’occasion avec ma mémé de causer de notre histoire commune, je commence déjà à la raconter à ma fille.

Il n’est jamais trop tôt, mais il peut être trop tard !

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N comme Noir animal (chimie et industrie à Nantes)

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Un des grands avantages de mon métier d’archiviste est que j’ai accès à des fonds d’archives plus divers les uns que les autres. Lorsqu’on m’a confié le fonds d’archives d‘Ange Guépin à classer, je n’avais aucune idée de qui il était.

Dans ces cas-là, des recherches historiques sont essentielles pour comprendre le sujet du fonds (personnage local, entreprise, structure associative, etc.). Quand on travaille en service d’archives, on a également la chance d’avoir à portée de main une documentation fournie et riche.

Ange Guépin est un homme politique nantais né au début du XIXe siècle. Il étudie la médecine et se spécialise en ophtalmologie. C’est pour cette qualité que les Nantais le connaissent le mieux. Mais Ange Guépin a eu plusieurs vies : homme politique, donc (conseiller municipal de Nantes (1846) et conseiller général de Loire-Inférieure (1845 et 1864), Commissaire du gouvernement provisoire pendant la deuxième République et préfet en 1870), homme de la presse (il écrit dans divers journaux, comme Le Globe), professeur de chimie (il dispense gratuitement ses cours en ville et à la faculté de médecine) et médecin (il ouvre, en 1830, un cabinet d’ophtalmologie à Nantes, notamment à destination des ouvriers victimes d’accidents du travail), industriel.

Ange Guépin est très tôt intéressé par la chimie industrielle, et notamment son utilisation dans le domaine agricole. Il se penche plus particulièrement sur la fabrication d’un engrais, le noir animal, engrais naturel obtenu par la carbonisation d’os d’animaux dégraissés. Il met au point une technique de production de noir animal factice (mélangé à de la tourbe), d’une meilleure qualité que celui qu’on pouvait trouver alors. Il installe alors une usine de production à Chantenay (sur les bords de Loire à Nantes), et à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Mais progressivement, les commandes ne sont plus honorées, les clients se plaignent de la mauvaise qualité de la marchandise et les riverains se plaignent des odeurs émanant de l’usine de Chantenay. La société ferme en 1839.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur Ange Guépin, voici le lien vers l’introduction du fonds d’archives : https://inventaires-archives.loire-atlantique.fr/ead.html?id=FRAD044_19J&c=FRAD044_19J_e0000019&qid=

Le noir animal me permet d’illustrer l’étendue des sujets que nous pouvons être amenés à aborder en tant qu’archivistes. En effet, la diversité des fonds nous oblige à nous intéresser à des thèmes insoupçonnés. Grâce à Ange Guépin et son fonds d’archives, je sais aujourd’hui ce qu’est le noir animal !

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9801004q?rk=21459;2