Challenge UproG

Un moulin à vent, un puits, un annuaire

Challenge Upro-G – Récap du mois d’avril 2025

  • Un puits

Pour cette 15e semaine de challenge, le thème était un puits. Bon, j’ai commencé par chercher des puits dans les châteaux, les demeures, et puis j’ai eu un flash ! Un puits de mine ! Et en Vendée (car comme vous avez pu le constater, la plupart de mes posts concernent la Vendée 😁), une mine domine l’activité industrielle : celle de Faymoreau. En vérité, de nombreuses mines ont été creusées au cours des siècles en Vendée. Mais celle de Faymoreau est unique par la conservation exceptionnelle du site. En effet, les corons sont toujours là, la chapelle des ouvriers, l’ancien dortoir des verriers dans lequel se trouve aujourd’hui le musée. 

Petite histoire rapide des mines de Faymoreau (j’ai repris les grandes dates citées sur le site internet du Centre minier de Faymoreau : Centre Minier de Faymoreau) :

L’histoire de la mine commence en 1827 avec la découverte de charbon, par hasard, par un sabotier. On se trouve à Marillet, près de Faymoreau. En 1836, “une verrerie est créée pour consommer, sur place, le charbon de faible qualité destiné à alimenter les fours. Elle produit jusqu’à un million de bouteilles pour les régions de Cognac et Bordeaux, des bocaux ainsi que des cloches à jardin. D’autres entreprises consomment le charbon de Faymoreau dans le bassin minier : tuileries, briqueteries, fours à chaux…”.

Le premier coron est bâti en 1840 par la Société des Mines de Faymoreau, société exploitant le charbon, afin d’y loger les mineurs et leurs familles. Progressivement, le site devient une petite ville, avec sa chapelle, des écoles, d’autres corons. 

La mine voit de nouveaux débouchés s’offrir à elle par l’arrivée du chemin de fer en 1869. C’est la ligne Angers-Niort qui dessert directement la mine. On voit le tracé exact de la ligne sur différents plans consultables sur le site des Archives de la Vendée.

Le progrès technique continue dans la région avec la construction de la centrale électrique de Faymoreau, en 1922. Grâce à elle, l’électricité est distribuée en sud-Vendée, mais aussi dans une partie des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. 

Malheureusement, les années 1950 sont synonymes de déclin pour la mine. La centrale s’arrête et le charbon s’épuise. La mine ferme définitivement le 28 février 1958, après 130 ans d’activité. 

La carte postale suivante représente un des puits de la mine, le puits du Centre. Elle date de 1907, et est cotée 1 Num 1-118-38, et disponible sur le site des Archives départementales de Vendée.

Un petit aperçu de l’étendue des bâtiments liés à la mine, et notamment la verrerie sur ce plan datant de 1835 (c’est un petit extrait du plan, pour en voir l’intégralité, c’est ICI). Il est coté (Fi)-5 M 149-1.

Si vous vous trouvez en Vendée cet été, n’hésitez pas à aller visiter le Centre minier ! C’est un endroit surprenant, où vous apprendrez beaucoup de choses sur l’histoire industrielle de la Vendée.

  • Un moulin à vent

Des moulins à vent, il en existe des centaines en Vendée. J’ai voulu faire un focus sur un lieu que j’ai découvert il y a moins d’un an, alors que j’ai grandi tout près (oui, c’est souvent comme ça !).

Il s’agit de la colline aux moulins à Mouilleron-en-Pareds. 

Photographie faisant partie d’un ensemble de 3 clichés datant du 11 novembre 1975.
La photographie est cotée 176 J 107.

Aujourd’hui, on compte 4 moulins restaurés sur les 8 encore visibles sur la colline. Cette colline, haute de 180 mètres, a accueilli 15 moulins (ils sont visibles sur le cadastre napoléonien de 1834).  Pour la petite histoire, les ailes de ces moulins étaient utilisées pour communiquer lors des Guerres de Vendée. Ils ont été entièrement détruits pendant la Révolution, puis reconstruits aux mêmes emplacements.

L’un de ces moulins appartenait à la famille De Lattre de Tassigny, et a été transformé en chapelle par Madame De Lattre de Tassigny à la mémoire de son mari et de son fils. 

Je vous mets la localisation : https://maps.app.goo.gl/g7GoBuejUUB8eGZj9

Et je vous mets également le lien pour consulter les autres photographies : c’est ICI !

Bonne visite ! 

  • Un annuaire

Pour cette semaine 18, on change radicalement de thème ! 

L’annuaire administratif de la Vendée (ici la couverture de son édition de 1865) nous permet, en généalogie et en recherches historiques, d’obtenir tout un tas d’informations sur un lieu, un territoire, des personnalités locales, des commerces, des entreprises. On y trouve même la liste des habitants des villes à partir de l’édition 1907. Ils sont publiés à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, avec une publication parfois interrompue. En Vendée, il paraît d’abord de 1863 à 1868, puis reprend de 1890 à 1926, et enfin de 1939 à 1947. 

Un vraie source, à découvrir ! 

Challenge UproG

Un manège, un cadran solaire, une flèche…

Challenge Upro-G – Récap du mois de mars 2025

  • Carnaval

Quand j’ai tapé le mot “carnaval” dans la barre de recherche du site des Archives de Vendée, j’ai eu beaucoup de résultats, dont de nombreux extraits vidéo (si ça vous intéresse). Mon choix s’est ici porté sur une carte postale datée de 1907, représentant un groupe de personnes costumées. Nous sommes à Fontenay-le-Comte, lors de la Fête des Fleurs.

Cette carte postale est cotée 1 Num 1-67-165. 

Elle est disponible sur ce lien.

  • Une flèche

Les églises sont souvent des repères géographiques dans la vie des gens. 

A Bouin, sur la côte nord vendéenne, la flèche de l’église a été reconstruite dans la seconde moitié du XIXe siècle. 

Du fait de sa position géographique, l’église de Bouin possède un enjeu stratégique pour les marins. Sa flèche sert d’amer, c’est-à-dire de point de repère fixe et identifiable sans ambiguïté par les marins. Outre les flèches d’église, une tour, un château d’eau, un phare sont d’autres exemples d’amers. Il s’agit, pour les marins côtiers, de se repérer et de positionner leur navire de façon précise sur une carte.

Le plan que j’ai choisi est le projet de maçonnerie de la flèche. Il date du 31 janvier 1852, et a été dressé par l’ingénieur Pelaud. 

Il est consultable sur le site des Archives de Vendée, sous la cote (Fi)-4 S SUPPL 32-6. 

  • Une maison de garde-barrière

Voici celle de la gare de Mouchamps, dans le bocage vendéen. 

Cette carte postale fait partie d’un ensemble de 4 cartes, cotées 1 Num 20 3 377. Elles sont consultables sur le site des Archives de Vendée, ICI.

Le site internet de la commune de Mouchamps nous donne quelques indications historiques sur la gare : 

“C’est le 27 juillet 1914 que la gare de Mouchamps, desservant la ligne Fontenay-le-Comte – Cholet, est ouverte. Les premiers voyageurs sont les soldats mobilisés pour la Première Guerre mondiale.

Fermée dans les années 1950, la gare présente l’architecture typique des gares de la région. On reconnaît le bâtiment des voyageurs.

Le hangar à marchandises sert aujourd’hui de vestiaires à la salle de sports. La commune conserve de nombreuses traces de l’ancienne ligne, dont le viaduc à une arche de Courgeon qui enjambe le Petit Lay.”

  • Un manège

Suite à mes recherches sur mon ancêtre Georges, interné à l’asile de la Grimaudière en Vendée, j’ai approfondi mon étude au bâtiment même de l’asile. J’avais envie de concrétiser le séjour de mon aïeul en visualisant les pièces citées dans les sources écrites. Les plans de l’asile sont consultables, et dans l’un d’entre eux, j’ai trouvé un manège ! 

Bien entendu, ce n’est pas un carrousel, mais un manège permettant de puiser de l’eau pour alimenter l’asile. On le voit à gauche de la partie blanche ajoutée au plan.

Ce plan date du 20 mars 1846, et a été dressé par M. Malet, architecte du Département.

C’est un plan de coupe tiré du dossier du projet de construction de l’asile, nous indiquant les niveaux de la rivière et des terrains, ainsi que l’installation du manège. Il est tiré de la liasse 4 N 152, et est consultable ICI

  • Un cadran solaire

En escapade à Rennes, lors du Forum des Archivistes 2025, j’ai eu la chance d’assister à une visite culturelle intitulée “Trésors cachés” au cours de laquelle nous avons pu accéder à plusieurs cours d’hôtels particuliers. Nous avons découvert la face cachée des façades d’immeubles du centre historique de Rennes, je vous en mets quelques exemples : 

Notre visite se terminait par l’incontournable Parlement de Bretagne, et sur sa façade : un cadran solaire ! 

Challenge UproG

Un costume régional, une halle ferroviaire…

Challenge Upro-G – Récap de février 2025

Petit récapitulatif des 4 dernières semaines du challenge photographique proposé par l’Upro-G (association de généalogistes familiaux). Vous y trouverez un peu plus d’informations que dans les posts Instagram, j’espère que ça vous plaira ! Bonne lecture !

  • Une halle ferroviaire

Pour cette 6e semaine, j’ai choisi la halle ferroviaire ou halle à marchandises de la gare de Benet, dans le sud de la Vendée. Pour lire l’étude globale faite par le Service de l’inventaire du Patrimoine des Pays-de-Loire, c’est là : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA85003457

La halle est construite vers 1868, tout au nord des autres bâtiments de la gare.  

Halle ferroviaire de la gare de Benet (Vendée), vue avant – Photographie : Yannis Suire

Les autres bâtiments de l’ensemble (en violet sur le plan ci-dessous) sont la gare en elle-même, un petit abri pour les voyageurs jouxtant la gare (vers le centre du plan), et tout au sud, la maison du garde-barrière. 

La gare de Benet est mise en service le 29 décembre 1869, le même jour que celle de la ligne de chemin de fer allant de Niort à Cholet en passant par Bressuire. Cette ligne ferroviaire est gérée par la Compagnie des Chemins de fer d’Orléans. 

En 1939, la ligne allant vers Bressuire ferme pour les voyageurs, et en 1971 pour les marchandises. Les voyageurs utilisaient alors un omnibus entre 1940 et 1969.

Aujourd’hui, le bâtiment de la gare de Benet est une habitation. 

Voici le descriptif architectural dressé par Yves Guillotin, et consultable sur le site du Service de l’inventaire du patrimoine : 

“ Au nord, enfin, un peu à l’écart de la voie ferrée et au bord de la route de Lesson, se dresse l’ancienne halle aux marchandises. Ce grand bâtiment de plan rectangulaire comprend un soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage. Il se distingue par ses ouvertures à linteau en arc segmentaire, notamment, côté nord, une large porte charretière encadrée par deux grandes baies. Le toit, en ardoise, forme un auvent côté nord, soutenu par une charpente en bois.”

  • Un courrier hospitalier

J’ai déjà évoqué cet ancêtre sur ce blog : Pépé François, qui en réalité s’appelait Georges.

J’ai choisi de le ré-évoquer pour la semaine 7 du challenge, par le courrier attestant de la sortie d’asile de François. 

Ce courrier est adressé au Préfet de la Vendée, et rédigé par le Médecin-Directeur de l’asile départemental. Il date du 1er mars 1932.

Voici ce qu’on peut y lire : 

“ J’ai l’honneur de vous faire connaitre que M. Giraudet Georges-Louis-François, domicilié au Boupère, admis volontairement comme pensionnaire de 2e classe le 11 juillet 1930, a quitté l’établissement hier, 29 février 1932, sous la conduite de sa femme, se rendant au Boupère “.

Ce courrier marque la fin de presque deux années de traitement d’anxiété et de mélancolie sévère (pour reprendre les mots des rapports médicaux), causés par la Première Guerre mondiale. Toutefois, ce n’est pas la fin des symptômes, François n’est pas guéri. Le restant de sa vie sera ponctué de comportements plus ou moins dangereux pour lui et son entourage (famille et voisins).

  • Un costume régional

Au Boupère, en Vendée, sont nés les Joyeux Vendéens, groupe folklorique. En recherchant une illustration d’un costume régional pour la 8e semaine du challenge, je suis tombée sur une série de photographies de ce groupe folklorique, prises en partie au château de la Bonnelière (Saint-Michel-Mont-Mercure, en Vendée).

La photo ci-dessus vient du site Delcampe, mais un ensemble numérisé est également disponible sur le site des Archives de Vendée, sous la cote 1 Num 1-292-130 : 

Le Boupère. – Le groupe folklorique « Les Joyeux Vendéens » : la troupe en costume et coiffe traditionnels sur le perron d’une maison (vue 1), attablée dans une cuisine (vue 2), dans la cour intérieure de châteaux (vues 3-4), à la fontaine de Charzais (vue 5) / Lucien Pilorget phot. (vue 1). – Archives de la Vendée

Dans cet ensemble, les vues 2 et 3 sont prises au château de la Bonnelière : dans la cuisine et devant le château. La première vue a été prise, quant à elle, devant la salle de l’Oasis au Boupère. Quant aux deux dernières photographies, je n’ai pas pu identifier le lieu.

Toutefois, ces images nous donnent quelques exemples des costumes régionaux du bocage vendéen.

  • Des thermes romains

Quand j’ai vu ce thème, je pensais sincèrement ne pas en trouver en Vendée. Et bien, bien mal m’en a pris, car en 1859, l’abbé Baudry publie une étude sur des vestiges romains découverts sur la commune du Bernard.  

Cette étude est publiée dans l’Annuaire départemental de la Société d’Emulation de la Vendée. On la trouve numérisée sur le site des Archives de Vendée.

Dans cette étude, une coupe longitudinale des termes romains nous donne une idée de l’importance de l’installation. Ce plan est dressé par l’architecte M. L. Ballereau. C’est cette image que j’ai sélectionné.

Je ne suis pas une spécialiste de l’Histoire antique, je ne vais donc pas faire ici un descriptif des thermes, elle serait imprécise et certainement fausse. Toutefois, en lisant l’analyse de l’abbé Baudry, on apprend qu’aucun autre site de thermes romains n’a été découvert sur le territoire de la Vendée. 

De plus, il nous explique que l’entièreté du site n’a pu être découverte, du fait d’”assez grandes difficultés” (qu’il ne nous explique pas). Malgré cela, il note l’importance du site : il nous dit que les vestiges déjà retrouvés : 

La suite de l’article est la description détaillée des éléments composant le site. Je vous invite à suivre le lien pour la dire entièrement.

J’en viens directement à la conclusion de l’étude. Dans l’avant-dernier paragraphe, l’abbé Baudry indique que, selon, lui ces thermes étaient publics : 

Le lien vers l’article complet : 

FouillesduBernard(Vendée).Deuxièmeannée,Antiquitésgallo-romaines/l’AbbéFerd.Baudry. – Visionneuse – Archives départementales de la Vendée

Challenge UproG, Challenges photographiques

Un pigeonnier, un carreau…

Un mois de photos pour le défi UproG

En temps normal, quand on participe au challenge Upro-G (qui est une association regroupant des généalogistes familiaux, https://upro-g.fr/), on doit publier une photo par semaine, sur une thématique donnée.

Comme je suis en retard, j’ai publié les cinq premières semaines d’un coup.

  • Semaine 1 – Un pigeonnier

Voici l’entrée du pigeonnier du château de Trecesson, dans le Morbihan.

Entrée du pigeonnier du château de Trecesson (photographie personnelle)

L’intérieur du pigeonnier compte 1800 boulins. Le boulin est une sorte de niche, destinée à abriter le pigeon. Le boulin est un indicateur de la richesse du propriétaire. Un boulin correspond à 1/2 hectare de terre. Ici, nous avons 1800 boulins soit une superficie de 900 hectares à la construction du château.

  • Semaine 2 – Une charcuterie régionale

J’ai choisi de vous parler de la fressure ! Je pense que tous les Vendéens connaissent la fressure. C’est une sorte de pâté fait à partir de sang de porc. Quand on tuait un porc, on ne laissait rien. Le sang était recueilli, on le faisait bouilli avec du pain, des oignons. On la mange chaude ou froide, avec du pain, de la mogette, de la salade.

Les images que je vous ai choisies sont issues des fonds des Archives de Vendée, sous la cote BIB6394. On y voit le recueil du sang et le brassage de la fressure.

Cartes postales issues de la bibliothèque historique – Archives départementales de Vendée – BIB6394
  • Semaine 3 – Un œil-de-bœuf

Au cours d’une balade à Landerneau dans le Finistère, un œil-de-bœuf…

Photographie personnelle
  • Semaine 4 – Une tapisserie

Celle de l’Apocalypse, au Château d’Angers.

Elle a été réalisée à la fin du XIVe siècle, suite à une commande du du Louis 1er d’Anjou. Elle représente l’Apocalypse de Jean de Patmos.

Actuellement, elle mesure 104 mètres. Mais à l’origine, elle mesurait environ 140 mètres de long et 6 mètres de haut. Elle se compose de 6 pièces, ou tableaux. La tenture a été léguée à la cathédrale d’Angers au XVe siècle par le roi René.

Si vous souhaitez une description détaillée de chaque tableau, n’hésitez pas à jeter un œil sur le site internet du château.

Extrait de la tapisserie de l’Apocalypse – Photographie : Domaine national du Château d’Angers
  • Semaine 5 – Un carreau

Voici un azulejo. Il s’agit d’un carreau de faïence typique du Portugal (notamment). Cet ensemble se trouve dans le jardin de la quinta d’Almeida, à Caide de Rei, à l’est de Porto.

Photographies personnelles

On trouve des ensembles d’azulejos un peu partout au Portugal. Un exemple est celui de la gare de Porto.

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Le mystère de Montrouge

Challenge Upro-G – Février – Un fait divers

Pour préparer ce post, je me suis plongée dans les journaux anciens en ligne (sur le site des Archives départementales de la Vendée), et notamment dans les exemplaires d’un journal intitulé La Vendée Républicaine : http://recherche-archives.vendee.fr/archives/fonds/FRAD085_4num291 .

J’avais déjà eu l’occasion de fouiller dans ce journal, notamment dans les tous petits articles mentionnant les faits divers ayant eu lieu dans région. Ils relatent des faits variés dont certains sont truculents :

La Vendée Républicaine, décembre 1886 – 4 Num 291/1
La Vendée Républicaine, décembre 1886 – 4 Num 291/1

Mais l’un d’eux a particulièrement attiré mon attention. Il s’agit de celui-ci :

La Vendée Républicaine, décembre 1886 – 4 Num 291/1

La découverte d’une partie de corps humain est assez rare dans une ville comme la Rochelle. Mais ce qui a piqué ma curiosité n’est pas tant la découverte que la référence à la femme découpée en morceaux de Paris.

J’ai donc voulu chercher cette femme.

Pour situer le contexte, M. Taylor, mentionné dans l’article, est le Chef de la Sûreté de Paris entre 1885 et 1887. C’est son service qui est en charge de l’affaire. Le cadavre de cette femme a été trouvé le 05 août 1886 à Montrouge (sud de Paris). Selon les archives anthropologiques, il s’agit d’une femme de 22 ans, dépecée en 7 morceaux. Le magasine Détective revient sur cette affaire dans un long article sur les dépeceurs, en avril 1938. On y apprend que la tête de la victime manquait au moment où elle a été découverte.

Archives de l’anthropologie criminelle – Tome 1 – 1886

J’ai continué mes recherches avec la presse. Le Journal de Roubaix, en novembre 1900, nous fait un état, une sorte d’étude, sur les dépeceurs. Dans cet article, le journaliste parle de plusieurs cas de dépeçage, et notre affaire y apparait. Malheureusement, elle est relatée dans les affaires non élucidées. Toutefois, quelques informations supplémentaires viennent compléter mes recherches : les morceaux de la femme de Montrouge avaient été « enveloppés dans une toile cirée blanche, du genre de celles qui servent à couvrir la table de famille, dans les ménages pauvres ». Une sorte de fil à fouet a également été utilisé pour nouer la toile, accompagnée d’un morceau d’étoffe. L’auteur nous apprend que cette toile a également été utilisée dans un autre meurtre à Ménilmontant (20e arrondissement de Paris) en 1886. Sur cette affaire, l’assassin avait fait deux paquets avec les restes de sa victime et les avait jetés à deux endroits. Même chose que pour le meurtre de Montrouge, deux ans plus tard. On peut donc être en droit de se poser la question d’un même assassin pour ces deux affaires…

Extrait de l’article du Journal de Roubaix – Novembre 1900

J’ai fait la demande du dossier d’instruction à la Préfecture de Paris. Je suis pour l’instant dans l’attente de la réponse des services, je ne manquerais pas de vous tenir au courant !

Donc, à ce jour, le mystère de Montrouge (et par extension celui de Ménilmontant) reste entier.

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La cloche de brume

Challenge Upro-G – Janvier – Une cloche

Quand la mer joue des tours aux marins et aux habitants des côtes, il est bon de trouver des moyens de se protéger. La cloche de brume (ou corne de brume) en est un.

Les bateaux en sont tous dotés.

Mais je voulais vous parler de celles qui sont installées sur les côtes et dans les ports, afin de permettre aux marins de trouver facilement leur chemin par temps bouché. Les cloches de brume ont le même rôle que les phares, en utilisant le son. Un code est d’ailleurs employé et connu des marins, selon les messages à faire passer.

En Vendée, on trouve des cloches de brumes dans plusieurs ports, et notamment celui de Port-Joinville sur l’Ile d’Yeu. Le Conseil général de la Vendée en a demandé l’installation à l’extrémité de la jetée nord-ouest du port en 1889. Il souhaitait alors coupler cette installation avec la mise en place d’une sirène dans « le grand phare de l’île ».

Grand Phare de l’Ile d’Yeu – Source : site internet des Phares de France

La sirène du phare ne sera installée que plus tardivement, car elle dépend de l’alimentation électrique du phare, elle-même ajournée.

Toutefois, la cloche est jugée nécessaire pour « assurer, en temps de brume, aux embarcations de pêche et au bateau-poste de l’Ile d’Yeu les moyens de ne pas manquer l’entrée du port à l’heure de la marée » (lien vers les actes du Conseil général de Vendée).

La cloche sera finalement mise en place à l’extrémité de la passerelle de la Galiotte, et ce, sur conseil des ingénieurs des Ponts et Chaussées. Le montant des travaux est estimé à 520 francs, et est financé par le Conseil général. La commune de Port-Joinville assure en contrepartie les frais de fonctionnement du signal sonore. La cloche était actionnée manuellement par les habitants.

La passerelle de la Galiotte, ou estacade, a été construite, quant à elle en 1880. Elle mesure 205 mètres de long et était utilisée comme chemin de halage pour accoster au retour de la pêche. Aujourd’hui, la passerelle de la Galiotte est en cours de déconstruction.

En 1930, la cloche de brume de Port-Joinville a été emportée par une tempête comme le témoigne l’article ci-dessous.

La Parole Républicaine – 08 février 1930 – Source : Archives départementales de Vendée

Les cloches du port de l’Herbaudière (sur l’île de Noirmoutier, et en image ci-dessous) et du port de Saint-Gilles ont été installées en 1899.

Archives départementales de Vendée – 1 Num 381-41
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Statue du saint-patron d’un lieu de culte

Challenge Upro-G, semaine 19

#projet52uprog

Le saint patron, c’est Saint-Pierre. Le lieu de culte, c’est l’église de la commune du Boupère en Vendée. C’est de là que je viens.

Statue de Saint-Pierre, saint patron de l’église du Boupère (Vendée)

Cette église, elle est emblématique du bourg. Vous savez, elle fait partie de ces choses dont on a tellement l’habitude qu’on ne les voit plus.

La thématique du saint patron a été l’occasion pour moi de revisiter l’église de mon village de façon plus poussée, plus intéressée, plus attentive. Je suis donc allée la revoir, avec un œil nouveau, plus curieux. J’ai pris le temps de la regarder, d’en faire le tour extérieur (je me suis aperçue que je ne l’avais jamais vraiment fait), d’en explorer l’intérieur.

Pour la situer dans le temps, voici quelques dates (c’est mon côté historienne). La construction s’est déroulée en trois temps :

  • A la fin du XIIe siècle, on construire l’église d’origine. Elle est en forme de croix latine, et dotée d’un chœur à chevet plat.
  • A la fin du XVe siècle, l’élargissement sud de l’église est réalisé, et ce en même temps que la reconstruction de la façade occidentale.
  • Au XIXe siècle, un second transept au nord est construit. Le chœur est reconstruit. Nous sommes dans les années 1867-1868. Puis entre 1889 et 1891, le second transept nord et le clocher actuel sont érigés.

Je vous mets un petit plan, histoire de s’y retrouver (source : dépliant rédigé par les services de la mairie du Boupère).

Plan des différentes étapes de construction de l’église depuis le XIIe siècle

Une des particularités de cette église est qu’elle est fortifiée, comme un château-fort. Elle possède des archères et des canonnières, des mâchicoulis, un chemin de ronde couvert (juché à 15 mètres de hauteur), des créneaux, deux guérites sur sa façade, des contreforts. Ces fortifications ont été apportées à l’édifice durant la Guerre de Cent Ans (1337-1453).

Je vous mets aussi quelques photos extérieures de l’église.

Avis aux curieux, aux touristes, aux habitants du coin, si vous souhaitez venir la visiter, elle est ouverte tous les jours, en entrée libre (sauf en cas d’office religieux). Et si vous souhaitez avoir plus amples explications, des visites guidées sont organisées pendant la saison estivale. En basse saison, des audioguides sont à votre disposition au Café des Sports, en bas de la rue (l’occasion de boire un petit café et de causer).

L’histoire même de l’église du Boupère est elle aussi riche et rythmée. Je vous la raconte dans le prochain post ! Un peu de patience !

Challenge UproG, Challenges photographiques

Photo d’un poilu

#projet52uprog

Voici mon arrière-grand-père paternel, Germain Charrier, quelques dizaines d’années après la Première guerre mondiale. Il a été poilu, il est arrivé aux Armées le 07 août 1914. Il a été fait prisonnier le 13 octobre 1914 à Roubaix, et interné au camp de Merseburg, en Allemagne (province de Saxe).

Il est rapatrié le 18 janvier 1919, et rentre au dépôt le 22 mars 1919.

4 ans et demi d’absence. Je n’ai malheureusement pas retrouvé de lettres, d’écrits de sa part. Quand il est parti à la guerre, il avait 22 ans, il n’est pas encore marié, il n’a pas encore d’enfants.

Pépé Germain est décédé le jour de mon premier anniversaire, en 1984. J’ai une seule photographie avec lui, prise peu après ma naissance. Dans ses mains immenses, j’ai l’air minuscule. Je ne sais pas comment expliquer ce ressenti que j’éprouve quand je parle de lui, une sorte de paix, de calme. Mon père me dit qu’il était gentil et patient. N’est-ce que ce qui émane de lui sur ce portrait ?

Aujourd’hui, je cherche à en savoir un peu plus sur ses conditions de vie au sein du camp. D’après les rapports de visite rendus par la Croix-Rouge, les conditions n’étaient pas exécrables (nourriture suffisante, installation de douches, disparition de la vermine). Seul le manque de pain quotidien est noté. Mais ce que je veux savoir, c’est le reste : est-ce qu’il travaillait ? Si oui, où ? Que faisait-il ? Toutes ces questions sont en cours de creusement, elles feront l’objet d’un prochain billet !

Challenge UproG, Challenges photographiques

Microfilm

#projet52uprog

La vie d’un bagnard, à travers un microfilm…

De nombreux documents d’archives ont été microfilmés avant d’être numérisés. C’est le cas pour l’état civil, travail effectué par les Mormons, tout au long du XXe siècle. Ce travail a commencé dans les années 1960 pour la France. L’église mormone a signé un accord avec le Ministère de la Culture afin de mener ce travail dans les meilleures conditions.

Ces microfilms sont conservés à Salt Lake City (Utah), aux Etats-Unis. Ce travail avait deux principaux objectifs : l’église mormone permettait à ses membres de pouvoir faire baptiser leurs ancêtres français, et les Archives départementales, en France, récupéraient un double de chacun des microfilms. En 50 ans, 80 % de l’état civil métropolitain est microfilmé, et l’accord avec le Ministère de la Culture a été révisé en 1987 et en 2002.

Mais le microfilm ne concerne pas seulement l’état civil…

Un de mes amis m’a un jour demandé de faire quelques recherches à propos du cousin de son grand-père, Louis DAVID. Louis était la personne dont il ne faut pas parler dans la famille, celui qui fascine, celui dont tout le monde a une anecdote à raconter à son propos, mais celui dont finalement on ne sait pas grand-chose.

Mon ami avait déjà commencé les recherches, en collectant des coupures de presse et les témoignages des anciens de sa famille sur les petits délits que Louis avait commis qui l’avait conduit jusqu’au bagne. Ce fut le début de l’enquête.

J’ai commencé par chercher, et trouver, les jugements des tribunaux de Nantes et Saint-Nazaire le concernant. Et à travers cela, la condamnation au bagne en 1938. Louis est parti à Saint-Laurent-du-Maroni avec le dernier bateau, depuis Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime), en novembre 1938.

Mes recherches continuent, car je savais que les dossiers des bagnards étaient conservés aux Archives nationales de l’outre-mer, à Aix. Je ne pouvais pas m’y déplacer, un très chouette monsieur, prénommé Serge, a fait ces recherches pour moi sur place. Il a pu consulter le dossier individuel de Louis DAVID, dont une partie est sur microfilm (petit extrait ci-dessous) !

Challenge UproG, Challenges photographiques

Tâche sur un acte

#projet52uprog

En juillet 2015, la maison de ma grand-mère maternelle a brûlé. Le grenier et l’étage ont été complètement détruits.

Dans les décombres, ma grand-mère a sauvé plusieurs choses qui lui étaient chères, qui ont miraculeusement échappé aux flammes : une partie des photos de famille, des livres, une photo d’un de mes ancêtres pendant son service militaire chez les cavaliers.

Elle a également réussi à retrouver une série d’actes notariés concernant la famille de mon grand-père paternel, 25 pour être précise, allant de 1823 à 1971.

Et elle me les a donnés… J’ai découvert leur existence à ce moment-là, j’ignorais que ces actes étaient dans sa maison. Elle n’en avait jamais parlé, sûrement en se disant que cela n’intéresserait personne.

Le choc de l’incendie lui fait voir les choses différemment, et ces actes représentent une partie de la vie de ma branche maternelle. Par les actes notariés, on peut apprendre beaucoup sur le style de vie des gens, leurs biens, leurs pérégrinations.

Je vous raconterai bientôt l’histoire de la branche Fièvre (famille de mon grand-père maternel) à travers le prisme des actes notariés. Ils donnent une autre dimension au récit, car ils parlent très souvent de choses très concrètes, des « terre-à-terre ».

La tâche que vous voyez sur cette quittance de 1868 est due à la suie de l’incendie, et aussi à l’eau des pompiers. Ma grand-mère et ma mère ont eu le réflexe de mettre ces actes à sécher chez mes parents, en les étalant et en les ouvrant, ce qui a sûrement évité le développement de moisissures.

Elles sont un peu des sauveuses d’archives familiales ! Merci à elles !

Quittance de 1868